A 23 ans, elle lance sa marque de chaussures fabriquées avec du marc de raisin

Laure Babin a créé une nouvelle marque de sneakers baptisée Zèta. Leur particularité ? Elles sont fabriquées à base de résidus de raisin et d'autres matières recyclées.


Par Nicolas Gosselin/ Actu Bordeaux. Publié le 22 Sep 20 à 19:14



À 23 ans, Laure Babin a réussi un tour de force. Elle a réconcilié deux choses qui lui sont chères depuis son plus jeune âge : la mode, l’une des industries les plus polluantes du monde, et l’écologie.


La jeune entrepreneuse, tout juste diplômée d’un Master 2 Business Développement à l’IAE de Bordeaux (Gironde), vient de lancer sa propre marque de chaussures.

Baptisée Zèta, elle a la particularité de proposer des sneakers 100% recyclées, recyclables et vegan.


Des baskets zéro déchet

En effet, ses baskets sont fabriquées en grande partie à base de marc de raisin (peau et pépins) issu des vendanges. Les déchets de la production viticole sont récupérés, broyés et transformés en cuir végétal, par une entreprise italienne qui a breveté la technologie.

« Le vin, c’est pour vous, les déchets, c’est pour nous », formule la jeune femme, qui se satisfait de fabriquer une chaussure zéro déchet et limiter ainsi le gaspillage.

Concrètement, l’extérieur de la sneaker vient de résidus de raisin. Pour le reste, la semelle intérieure est conçue à partir de bouchons de liège recyclés, la semelle extérieure à partir de chutes de semelles en caoutchouc broyés en fines particules et les lacets, ainsi que la doublure intérieure sont fabriqués à partir de bouteilles en plastique repêchées en mer Méditerranée.

Et pour la conception de la chaussure ? « J’ai trouvé l’atelier idéal, au nord du Portugal, vers Porto, dans le berceau de la chaussure », explique Laure Babin, qui admet avoir d’abord pensé à la France… mais le coût de fabrication revenait trop cher


J’ai fait un stage dans l’industrie de la mode au Pérou et j’avais été choquée par les mauvaises conditions de travail. Je voulais un atelier familial, à dimension humaine.

Des commandes du monde entier

Lancée le 6 septembre et active jusqu’au 9 octobre 2020, une campagne de financement participatif doit lui permettre de se lancer dans le grand bain. Et elle fait face à un engouement inespéré : déjà un millier de sneakers ont été pré-commandées sur la plateforme Ulule (à 109 euros pièce au lieu de 129 euros). Soit 10 fois plus que l’objectif fixé, à plus de deux semaines du terme de la campagne. 


« Je reçois même des commandes de l’étranger : de Belgique, des Pays-Bas, du Canada… Je ne sais pas comment ils ont connu Zèta. Les vignerons, aussi, sont assez touchés par le projet », raconte Laure Babin.


Un rêve de gamine qui se réalise

Avec un lancement tonitruant, la sneaker Zèta doit bientôt arriver sur le marché. Sa production est prévue en octobre 2020, dès la fin de la campagne de financement participatif.

Une vraie consécration pour Laure Babin, qui a toujours rêvé d’être styliste. « Mais mes parents m’ont dit non. Le secteur était bouché, ils préféraient que je me dirige vers des études de commerce. J’étais triste mais j’ai continué à faire beaucoup de dessins », rapporte-t-elle.


Cette chaussure, qu’elle a voulu « unisexe », « assez simple, passe-partout » et avec « une belle silhouette », c’est la vie qu’elle a choisie. « Je ne voulais pas d’un parcours classique de commerciale, dit la diplômée de l’IAE qui la destinait pourtant vers cette voie.

J’ai simplement opté pour une vie plus libre et créative.

Débordante d’idées

Née dans la campagne d’Angers, de parents instituteurs, elle n’a pas baigné dans le commerce ou la mode. Encore moins dans l’entrepreneuriat. Pourtant, ce ne sont pas les idées qui lui manquaient.

« Ma mère me disait souvent que je partais dans tous les sens, que j’avais trop d’idées« , rapporte-t-elle. Il faut dire qu’elle a essayé de lancer une application de rencontres entre voyageurs (« qui n’a pas été au bout », confie-t-elle), qu’elle a embryonné une marque de tee-shirt en coton bio avec une identité locale (« Le Parisien ou Le Bordelais, les Français sont très chauvins ! ») – ou encore un projet de lieu, moitié laverie, moitié coworking moitié espace de jeu…

Avec Zèta, qui est un dérivé de la fonction zéro en mathématiques (référence au zéro déchet), Laure Babin a enfin trouvé chaussure à son pied, avec un projet qui lui ressemble : un objet de mode éco-responsable.

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